Les internautes français veulent plus d'information positive

Par Mathias Virilli, France Télévisions, Direction de la Prospective

64% des internautes trouvent que les médias français ne donnent pas assez d’informations positives.

Réalisée en ligne du 7 au 17 novembre 2014 sur un échantillon de 1.500 personnes représentatives de la population des internautes français par Harris Interactive, l’étude ZoomOn fait le constat d’un manque d’informations positives dans les médias français. Ainsi, 8 français sur 10 jugent qu’une bonne nouvelle a un impact positif sur leur moral. Près de 70% des internautes considèrent que des informations positives sont bénéfiques pour le dynamisme de la société française, la confiance en l’avenir, le désir d’implication et la fierté collective.

Image2

Journalisme de solutions, plutôt qu’information positive

Les médias de flux peuvent s’avérer stressants : en témoigne la hausse constante des faits divers dans les journaux d’information télévisés. Ainsi, 83% des internautes aimeraient voir plus d’actualités positives dans les médias.  Avec l’information positive, il s’agit de présenter l’information comme une ressource de solutions, d’idées nouvelles voire de motifs d’engagement. D’où le nom préférentiel de journalisme de solution, ou d’impact-journalism.

Pour Gilles Vanderpooten, Directeur de Reporters d’Espoirs, les médias ne reflètent pas la complexité des enjeux qu’ils présentent. Dans cette perspective, une fois par an, Reporters d’Espoirs s’associe à TF1 ou à Libération pour proposer de nouvelles lignes éditoriales, qui accompagnent l’approche critique inscrite dans toute charte journalistique d’une volonté de ne pas se cantonner à une information anxiogène.

De même, Usbek & Rica a de son côté “vocation à repérer les signaux faibles qui préfigurent des tendances de demain” et ainsi “d’interroger le progrès”. Si Reporters d’Espoirs travaille avec un large éventail de médias et d’angles éditoriaux, notamment pour La France des solutions, le magazine Usbek & Rica s’appuie quant à lui sur une communauté d’une dizaine de milliers de lecteurs.

Ces publications, qui essaient de traiter de sujets différents ou différemment, comptent bien déplacer l'équilibre du traitement médiatique, et questionne donc le rôle même du journalisme : s’agit-il de présenter simplement l’information telle qu’elle est, ou d’aller au-delà du constat pour devenir une force de proposition ? Les Français se disent plus enclins à consommer un contenu s’ils savent qu’il propose une solution. Se sentant plus en prise avec l’événement, ils sont également plus susceptibles de s'engager. Pourtant, cette information positive ne doit pas occulter la fonction première du journalisme : montrer les enjeux, soulever les problèmes, ou, selon la célèbre formule d’Albert Londres : “mettre la plume dans la plaie”, quitte parfois à aller à contre-courant.

Plus d'information positive pour mieux engager son audience

Avec 29 millions de Français engagés chaque mois sur sa plateforme et 14 sessions mobiles par jour en moyenne, Facebook est désormais une plateforme incontournable pour le monde des médias, qui cherchent à y générer de l’engagement. Une information positive est selon Franck Da Silva, Directeur Commercial Marketing Solutions chez Facebook France, “une information qui se partage, qui engage”. Pourtant, les outils de mesure de cet engagement apparaissent biaisés tant le like d’une information dite négative peut être perçu comme ambigu. L’usage du bouton “J’aime” semble toutefois avoir évolué vers une notification de la sensibilité à l’information, dépassant ainsi le jugement du contenu pour en souligner la pertinence. Avec la conviction que “tant que le contenu est bon, Internet peut permettre du long” (Blaise Mao).

Pour Franck Da Silva, tout dépend du contrat de lecture, de la promesse offerte à la communauté à laquelle on s’adresse. L’information positive peut ainsi trouver une résonance particulière au sein de communautés locales, à l’instar de la communication de projets pouvant améliorer le quotidien d’une ville ou d’un quartier (88% des Internautes sondés se montrent intéressés) ou de mise en valeur du patrimoine local (75%).

Image3

Choix éditorial assumé, le journalisme de solutions vise donc à rééquilibrer la double face de la réalité plutôt qu’angéliser l’information, en proposant des idées qui engagent les lecteurs à aller plus loin. Ces propositions, si elles sont réalisées, doivent à leur tour s’accompagner de preuves tangibles de leur effectivité.

A lire aussi

  • lyseam

    c'est quoi ce sophisme primaire ?

    les gens veulent plus de positif en reflet de la réalité : si vous diffusez du positif par édulcoration, ça ne tiendra pas (enfin j'espère !).

    ce n'est pas l'information action qui est en cause pour le moral : c'est qu'il n'y a pas de positif, vrai, propre , à dire !

  • FLORA ROY

    je suis curieuse de savoir si une information positive fait autant d'audience qu'une information dites négative. Les gens sont souvent plus attirés par le sensationnel plutôt dur que l'on revoie en boucle dans tous les médias ( un train qui déraille, un attentat...) qu'une bonne nouvelle. C'est plus vendeur et meilleur pour l'audimat, une bonne raison pour ne nous vendre que des catastrophes.